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Association
Suisse-Israël
Section Vaud
CP 5182
1002 LAUSANNE
Visite de YOTVATA
Nous avons passé nos vacances de Pâques 2016 en famille dans la station balnéaire d'Eilat. Quel dépaysement après des mois de travail ininterrompu auprès de mes vaches et de mes cultures. Un chouette hôtel, non loin de l'aéroport, avec un personnel accueillant, des petits déjeuners d'une richesse comme on trouve qu'en Israël avec une variété de mets qui attisent notre curiosité.

Eilat

Notre programme était établi  : une journée à l'observatoire sous-marin, une autre au Dolphin Reef, une au bord de la mer, du shopping sur le front de mer, une autre dans un endroit incroyable  :

En plein désert, une gigantesque coupole abritant... une patinoire  ! Eh oui, une patinoire, bordée d'un grand nombre de boutiques plus attirantes les unes que les autres. Les patineurs, des israéliens et beaucoup de touristes, russes pour la plupart qui se retrouvent sur un élément qu'ils maîtrisent. Les enfants s'y sont tellement amusés que nous y sommes retournés le lendemain.
Au retour de nos emplettes, nous avons vu un stand vers la marina qui proposait une grande variété d'activités à faire autour d'Eilat et même en Jordanie. Une excursion m’intéressait vivement  : une visite du kibboutz de Yotvata. J'avais le souvenir de m'y être arrêté vingt ans plus tôt en allant vers Eilat. J'avais été impressionné par cette tache verte au milieu de la plaine de l'Arava, et j'étais allé me promener au milieu de centaines de vaches sans que personne ne me dise rien. Rendez-vous est pris avec Joël, guide francophone, qui nous ferait visiter le site le lendemain.

Arava
Départ de notre hôtel dans le minibus Mercedes et cap sur le Nord en direction de la Mer Morte.

A la sortie de la ville, la route longe un gigantesque chantier, c'est le futur aéroport Ilan Ramon qui remplacera l'aéroport Hozman qui se trouve au centre d'Eilat, à quelques dizaines de mètres de la Mer Rouge. Ensuite, on bifurque à droite en direction de la frontière jordanienne pour se retrouver au milieu de parcelles cultivées. Ce moment de l'année marque la fin des récoltes car la température monte très haut en été. Nous nous arrêtons au bord d'un champ de courgettes qui sont immenses. Le secret,  ce sont des petits tuyaux noirs qui sont enfouis dans le sable qui distillent gouttes à gouttes la précieuse eau ainsi que tous les éléments nutritifs dont ces plantes ont besoin. Seules les plantes reçoivent  cette nourriture, et non les mauvaises  herbes. Pas de maladies, pas d'herbicides, une nourriture saine et abondante.
Carnet de voyage
Nous poursuivons notre route et nous faufilons entre les bassins d'eau qui accueillent chaque année de nombreux oiseaux en migration, plus de 500 différentes espèces s'y retrouvent deux fois par année. Ce paysage aride est habité d'acacias que l'on trouve habituellement dans les savanes africaines. De loin, on aperçoit les autruches de la réserve de Hai-Bar dans laquelle circulent paisiblement des gazelles, antilopes et autres animaux qui peuplaient jadis ces territoires. Nous voici de retour sur la route nationale, qui traverse une plaine sèche et aride. On voit au loin un rocher garni de barbelés et de quelques baraquements vers lesquels sont stationnés quelques jeeps de l'armée. La route le contourne et juste derrière, nous découvrons un tout autre paysage  : Yotvata
Sur la droite, un relais routier qui domine de vastes étendues de palmiers-dattiers avec le parc d'attraction et en face, le kibboutz avec ses installations agricoles et plus haut, le village verdoyant, entouré de rochers de couleur ocre.

Yotvata
Notre minibus se présente devant le portail coulissant d'entrée du kibboutz. Le véhicule ne semble pas être connu du service de surveillance mais finalement, le lourd portail jaune glisse lentement sur son rail. Pour commencer, visite de la partie agricole, nous passons lentement devant les installation de traitement des légumes, devant le parc machines, ou des machines modernes mais déjà vieillies par un soleil harassant côtoient des machines plus anciennes, dont on peut se demander à quoi elles servent ou à quoi elles ont servi. Enfin nous arrivons vers les longues halles qui abritent les 650 vaches de Yotvata qui se trouvent à proximité du carrousel de traite (48 places) dans lequel ces animaux se retrouvent 3 fois par jour pour donner plus de 10 millions de litres de lait par an. Le lait est acheminé, avec le lait d'autres kibboutzim dans l'usine contiguë ultra moderne qui transforme ce précieux liquide blanc en laits aromatisés, appréciés dans tout le pays. De grands semi-remorques frigo chargent chaque jour la marchandise et l'acheminent vers les grands centres de distribution en Israël.
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Un grand costaud vient chercher un lot de vaches et nous demande irrité ce que nous faisons là. Je pense qu'il avait plus d'estime pour les éleveurs que pour les guides touristiques, car après avoir échangé quelques propos, le ton est devenu beaucoup plus conciliant. Nous le laissons à ses occupations pour aller visiter l'usine depuis une galerie toute vitrée. Rien à envier à l'usine Nestlé d'Orbe où robots et chaînes de fabrication fonctionnent dans un accord parfait.

Kashrout
Lorsque j'ai rénové mon installation de traite il y a 8 ans, une firme suédoise, DeLaval, m'a fourni un système clé en mains. J'ai été étonné de constater que le système donnait une alarme lorsque la présence de sang se trouvait dans le lait. J'estimais alors que c'était du luxe car lorsqu'on prépare les vaches, il y a de fortes chances que l'on trouve le sang dans les premiers jets de lait. C'est à Yotvata que j'ai compris. La traite est équipée de 2 circuits de lait, un pour le lait pur et un pour celui impur car dans les régles alimentaires juives, on me mélange pas le lait et le sang. Alors que chez moi c'est seulement une alarme qui m'informe, là-bas c'est automatiquement que le lait impur passe dans le 2eme circuit. Et où la firme DeLaval se fournit-elle en composantes: chez SCR, société israélienne spécialisée dans les systèmes performants de traite.
Retour
Après un petit tour dans le réfectoire, nous reprenons le véhicule pour faire le tour de la partie habitée. Garderie, école, piscine, terrains de sport, rien ne manque ici. L'ingéniosité des kibboutznikim se retrouve dans les places de jeu des enfants où des pièces d''anciennes machines agricoles retrouvent une vie en balançoires, toboggans, tunnels, tours de grimpe et autres, faisant la joie de nos enfants.
Mais il est déjà l'heure de reprendre la route pour Eilat non sans avoir fait un arrêt au milk bar du relais de Yotvata, dégustant d'excellentes glaces au lait du kibboutz. Nous nous souviendrons longtemps de cette visite instructive et dépaysante.

François Vallotton

Yotvata a été fondé en 1957, à un endroit mentionné dans la bible comme une halte du peuple  hébreu vers le pays de Canaan. Dix jours de précipitations, des pointes de températures supérieures à 40 degrés 7 mois par an. Il produit annuellement 400 tonnes de dates avec ses 40 ha de palmiers-dattiers. 20 ha de mangues, des légumes, pommes de terres viennent compléter la production. Un chiffre étonnant  : 63% des boissons lactées consommées en Israël proviennent de Yotvata.


Ci-dessous, reportage qui parle des patates produites à Yotvata.